Je t'ai l'encre!


lundi, 23 octobre 2006

Deux heures moins le cardiaque

Ca sentait les macaronis. Il y avait des petites maisons avec des petits jardins derrière la haie du jardin de l’hôpital, juste à côté de l’endroit réservé à l’atterrissage des hélicoptères. Quelqu’un devait préparer des macaronis au gratin dans une de ces maisons.
Je me rappelle de ça sans doute parce que ce soir en sortant du bureau pour aller jusqu’à ma place de parking, ça sentait les macaronis. Aussi.
Elle est à 600 mètres ma place de parking. Nous sommes dans nos nouveaux locaux. Ils sont beaux. J’aurais pu en avoir une dans l’immeuble, une place de parking. Mais non, j’ai décidé de « créer l’effort ». Histoire de prendre un peu l’air plutôt que de passer directement de la voiture au siège de bureau. Cela s’appelle de la gymnastique intégrée, il paraît. Je m’en moque de comment cela s’appelle. Ce qui compte c’est de prendre l’air. Mais bon, si ça sent les macaronis comme ça tous les soirs, faudra voir.
Elle est bien prononcée cette odeur de macaronis. Au gratin, c’est sûr. J’ai toujours noué une relation spéciale avec les odeurs de macaronis au gratin. Je ne sais pas pourquoi. Mi-dégoût, mi-appétit.

J’étais descendu dans le jardin de l’hôpital pour prendre un peu l’air et boire un café, ou manger un sandwich au jambon, ou les deux. Pas longtemps, quinze minutes. Mais bon, j’avais l’impression que cela faisait deux heures loin de cette chambre. En remontant, la chambre était vide. J’étais perdu. Le médecin est entré. Il avait l’air étonné lui aussi. « Où est-elle ? ». Je lui ai dit que je ne savais pas car j’étais descendu prendre un peu l’air dans le jardin. Il avait toujours l’air étonné. J’ai pensé qu’il allait me parler de l’odeur de macaronis dehors. Mais non, il ne doit pas prendre l’air souvent. Je voulais lui demander s’il se garait directement dans le parking de l’hôpital ou s’il « créait l’effort », mais ça n’était pas le bon moment. Surtout que j’ai commencé à m’inquiéter…un peu. « Où est-elle ? ». Oui, bonne question. « Elle doit se promener, pour faire passer la douleur ». Soit. J’ai inspecté les couloirs de fond en comble : personne. Je suis retourné dans la chambre : personne. Je suis allé frapper chez les infirmières. On a fini par me dire qu’elle avait été transportée dans une salle de naissance parce que ça venait. Ca vient, ça vient… ça veut dire quoi exactement ?
J’ai commencé à courir dans tous les sens du terme – justement. A courir avec mes jambes et dans ma tête. A me faire une image précise de ce que je pouvais bien trouver dans cette « salle de naissance ». A m’imaginer des tas de choses. Le sang commençait à cogner dans mes tempes et à battre fort partout dans mon corps. J’étais sorti il y a quinze minutes – deux heures- pour prendre un peu l’air. Tout allait bien. Il fallait attendre. Et puis, je sors et tout bascule. Alors forcément, le sang se met à battre. J’ai cru que j’allais faire une crise cardiaque.
Nous sommes arrivés dans cette fameuse salle, ma tête et mes jambes qui courraient, mon sang qui battait, ma crise cardiaque et moi.
Il était temps de « travailler » avec la douleur, mais « ça » n’allait pas venir tout de suite.
La suite je la garde pour nous. Il y a encore eu quelques « deux heures », des prises d’air, des cafés, des odeurs de macaronis (au gratin, définitivement) et j’ai fait 750 crises cardiaques.
Et puis, elle est née.

mardi, 17 octobre 2006

L'une

Crédit photo: Cergie

Tu seras ma une et je serai ton autre
Tu seras ma vie, mes nuits et mes jours
Tu seras la une, la première page de notre histoire
La planète de nos émotions, mon pays, mon monde

Tu seras ma une et nous nous moquerons d’eux
Tu feras briller mes yeux en éclipsant mes peurs
Tu seras l’une, mon soleil, mon étoile
La conquérante de mon système solitaire

Tu seras ma une, plus rien n’ira sans toi
Tu seras la vitesse de ma lumière d’envie
Tu seras l’une, tout simplement celle qui…
Ma bouffée d’air pur qui fait vibrer mon cœur


Tu seras l’une, l’unique amour de ma vie.

A ma parfaite toujours présente

dimanche, 15 octobre 2006

Voyez-vous

Des fois je regarde le ciel
Et j'attends l'apaisement
Des fois je regarde le ciel
Et j'attends les bons moments
Des fois je regarde le ciel
Et je voudrais mettre ma mélancolie dans ma poche
Je regarde le ciel
Pour faire un noeud sur tout ce qui est moche
Je regarde le ciel
Et je ne m'y vois pas
Voyez-vous...

dimanche, 8 octobre 2006

Cours en der

Crédit photo : Cergie
Cours en der
Der des ders
T’es le dernier
Porte fermée
Rien à voir, circulez
Cirque envolé

Les derniers ne seront pas les premiers
On les regarde avec dédain
On leur tourne la tête
Alors qu’ils sont à genoux
D’avoir tout donné, les derniers
Pour faire mieux que les premiers

Cours en der
Der des ders
T’es le dernier
Porte fermée

Les derniers, on leur ferme la porte
A double tour
Et c’est rare
Qu’à travers la serrure
Ils aperçoivent des sourires
Et des mains qui se tendent

Cours en der
Der des ders
T’es le dernier
Porte fermée

Les derniers ils courent après le regard des autres
On leur en demande plus
Pour leur en donner moins
Ils se contentent de pas grand-chose
Quitte à courir le tour du monde
Pour d’un sourire juste avoir l’ombre

Cours en der
Der des ders
T’es le dernier
Porte fermée

Et si nous arrêtions
De faire de nos vies des compétitions
Et si nous vivions
Juste pour être ce que nous sommes
Des toi et moi
Toujours premiers