Je t'ai l'encre!


dimanche, 16 août 2009

Carte postale du haut de la chaise

Non, le désert ce n’est pas noir. Ce n’est pas glauque. Ce n’est pas sinistre. Ce n’est pas triste. Le désert c’est la vie. C’est plein de vie. Si à travers tout ça, à travers toutes ces cartes postales tu n’y vois que du lugubre, du sombre, du mélancolique alors il faut que tu traverses un désert toi aussi pour comprendre. Voir les choses d’un autre point de vue, ça s’apprend. Le désert c’est ça. C’est comme monter debout sur une chaise et observer autour de soi. Observer autrement. Porter un autre regard, pour une fois. Le désert c’est ça. C’est commencer à vivre autrement. Se décharger du superflu qu’on croyait si important. Ca parait dur à entendre. Donc un peu sinistre du coup. Mais c’est la vie. Il y en a plein, de la vie, dans le désert. C’est parce que tant que tu le regardes comme tu as toujours cru qu’il était bon de regarder les choses, tu ne la vois pas cette vie. C’est ça le désert. Apprendre à vivre. A un autre rythme. Son propre rythme. Celui qui nous convient. Apprendre à se connaître. A s’écouter. A entendre ses envies les plus profondes, les plus cachées, les plus timides. C’est ça le désert. C’est pas noir. C’est pas triste. Non. C’est plein de lumière. De chaleur. De chaleur humaine même. Et de qualité parce que ceux qui t’apportent quelque chose sont ceux qui savent déjà un peu de tout ça. Ne serait-ce que quelque part au fond d’eux. Les autres sont restés aux portes du désert. Loin des yeux…
Le désert c’est un énorme terrain de jeu finalement. Le désert c’est une chance. Une opportunité. Pour faire le tri. Eliminer le superflu. De choses qui pèsent lourd et qui gênent plus qu’autre chose finalement. De personnes aussi. Quel qu’elles soient. Celles qui n’y voient que de la nostalgie dans le désert. Qui refusent de monter sur la chaise pour regarder autrement. Le désert c’est ma chaise à moi. C’est beau. Plus j’avance dans ce désert plus je vois les choses comme j’avais envie de les voir depuis longtemps. Je me l’étais un peu caché finalement. Ou je ne voulais pas trop me l’entendre dire. On est un peu fainéant parfois. On ne veut pas trop monter sur la chaise pour regarder. On se complait dans le paraître et le savoir paraître. Le désert ce n’est pas ça. Ca te remet les pendules à l’heure. C’est l’inverse de la complaisance. Tu y es souvent tout seul avec toi-même dans le désert. Tu ne parais que pour toi. Il n’y a plus de voile. Plus de masque. Le désert ne triche pas. Tu le traverses. Tu avances. Dans la vie. Tu grandis. Tu te renforces. Tu continues à savoir ou tu veux aller. Mais tu vois les choses autrement. Tu apprécies la richesse des nouveaux points de vue que tu te crées. Tu sais même encore mieux ou tu veux aller. Plus précisément. La sortie du désert tu la connais. Tu l’aperçois. Tu ne sais pas, bien entendu, quels vont être dans le détail tous les obstacles que tu vas rencontrer. Mais tu sais où tu vas. C’est ça le désert. Un énorme booster pour soi. Le désert, ça te fait dire les choses clairement. Sans artifice. Plus de ci ou là. Je veux aller là, point. Et tu sais pourquoi tu veux y aller. Tu peux le dire franchement. Sans ambigüité. Le désert ça te fait prendre cette épaisseur là.
Le désert, ça m’a fait monter sur ma chaise, savoir et comprendre ou je veux aller vraiment. Je ne sais pas si j’irai un jour. Mais ça m’importe peu.
Le désert ça m’apporte tout ça. Moi, je trouve ça beau et plein de vie.